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Anticiper la succession : trois leviers juridiques à considérer

La planification successorale ne se résume pas à une question de fiscalité. Elle relève d'une organisation réfléchie du patrimoine, qui permet de protéger ses proches, d'anticiper les conflits et de transmettre selon ses souhaits. Pour les couples mariés, les familles recomposées ou toute personne souhaitant clarifier ses volontés, trois outils juridiques méritent une attention particulière.
 

La donation entre époux : protéger son conjoint
La donation entre époux, aussi appelée "donation au dernier vivant", permet d'augmenter la part d'héritage que recevra le conjoint survivant. En l'absence de cette donation, le conjoint survivant n'a droit qu'à une part limitée de la succession, surtout en présence d'enfants. Cette donation peut être révoquée à tout moment du vivant du donateur, ce qui offre une grande souplesse. Elle est particulièrement utile pour les couples mariés sous le régime de la séparation de biens ou pour ceux qui souhaitent protéger leur conjoint sans léser les héritiers réservataires.
 

La donation-partage : transmettre de son vivant en toute clarté
La donation-partage permet de répartir de son vivant tout ou partie de son patrimoine entre ses héritiers. 

Contrairement à une donation simple, elle fige la valeur des biens au jour de la donation, ce qui évite les contestations ultérieures lors de la succession. Cet outil est particulièrement adapté aux familles nombreuses ou aux situations complexes (familles recomposées, disparité de patrimoine entre enfants). Il permet aussi d'éviter les conflits en clarifiant les choses du vivant du donateur.
 

La donation-partage peut être assortie d'une réserve d'usufruit, permettant au donateur de continuer à percevoir les revenus des biens donnés (par exemple, les loyers d'un bien immobilier) tout en attribuant la toute propriété de certains actifs.
 

Le testament : organiser la transmission selon ses volontés
Le testament reste l'outil incontournable pour exprimer ses dernières volontés et organiser la répartition de ses biens. Il permet de désigner des légataires (personnes ou associations), de répartir la quotité disponible (la part du patrimoine qui peut être librement transmise), et de prévoir des dispositions particulières (désignation d'un tuteur pour enfants mineurs, legs d'objets personnels, etc.).
 

Pour être valable, le testament doit respecter certaines formes : olographe (écrit, daté et signé de la main du testateur), authentique (rédigé par un notaire) ou mystique (écrit par le testateur et remis sous pli fermé au notaire). Le testament olographe est le plus simple et le moins coûteux, mais il présente des risques (perte, contestation). Le testament authentique offre une sécurité juridique maximale et permet d'éviter les litiges.
 

Ces trois outils ne s'excluent pas et peuvent même se combiner pour une organisation patrimoniale optimale. Dans tous les cas, il est vivement conseillé de se faire accompagner par un notaire pour s'assurer de la validité juridique et de l'efficacité fiscale des dispositifs choisis.

 


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