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Art : pourquoi les jeunes collectionneurs dépensent plus que la moyenne

L’enquête annuelle d’Art Basel et d’UBS, publiée le 8 octobre, porte sur 3 100 millionnaires de dix marchés, dont la France. Les collectionneurs de 20 à 29 ans y dépensent 347 460 dollars par an en moyenne et gardent les œuvres dont ils héritent. La part de l’art dans le patrimoine des grandes fortunes est pourtant retombée à 15 %, loin des 24 % de 2022.
 

À quinze jours de l’ouverture d’Art Basel Paris, qui réunira 211 exposants de 41 pays au Grand Palais du 23 au 25 octobre, ses organisateurs ont publié le 8 octobre leur enquête annuelle sur les collectionneurs fortunés. On y apprend que les plus jeunes signent les plus gros chèques. En 2025, les collectionneurs de la génération Z, âgés de 20 à 29 ans, ont consacré en moyenne 347 460 dollars aux beaux-arts, 19 % de plus qu’en 2024. La moyenne de l’ensemble des personnes interrogées s’établit à 124 265 dollars. Au premier semestre 2026, d’après les chiffres du rapport cités par le magazine Fortune, les moins de 30 ans ont encore dépensé 328 880 dollars, contre 155 530 pour les baby-boomers et 72 430 pour la génération X.
 

L’étude, réalisée par le cabinet Arts Economics avec la banque UBS, a interrogé au milieu de l’année 3 100 particuliers disposant de plus d’un million de dollars de patrimoine, hors immobilier et entreprise, à raison de 310 dans chacun des dix marchés retenus. Elle relie cet appétit à l’héritage. Parmi l’ensemble des collectionneurs, 28 % sont venus à l’art par leur famille. La proportion atteint 40 % chez les 20-29 ans, et près de 90 % de ceux d’entre eux qui ont reçu des œuvres les ont conservées. Pour Paul Donovan, économiste en chef d’UBS Global Wealth Management, l’enquête confirme que le transfert de richesse entre générations « est déjà à l’œuvre ».
 

En France, un collectionneur sur trois vient à l’art par sa famille
 

En France, 84 % des collectionneurs interrogés ont reçu des œuvres par héritage ou par don, contre 72 % en moyenne, et 32 % doivent leur entrée dans la collection à leur famille, le niveau le plus élevé des dix marchés. Ils sont 27 % à prévoir un don d’œuvres, contre 23 % dans l’ensemble de l’échantillon. La Fondation Jean-Jaurès a évalué à 9 000 milliards d’euros les patrimoines qui changeront de mains dans le pays entre 2025 et 2040.
 

Les œuvres d’art relèvent d’une fiscalité à part. Elles n’entrent pas dans l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). À la revente, au-delà de 5 000 euros, le vendeur acquitte une taxe forfaitaire de 6 % du prix, plus 0,5 % de contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). Il peut lui préférer le régime des plus-values, avec un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième, ce qui conduit à l’exonération au bout de vingt-deux ans. Des droits de succession peuvent aussi être réglés par la remise d’une œuvre à l’État, la dation, sur agrément du ministre du Budget. Le marché français pèse 4,5 milliards de dollars, soit 8 % des ventes mondiales, qui ont atteint 59,6 milliards en 2025 selon le rapport publié en mars par les mêmes auteurs. Le Conseil des maisons de vente a enregistré 5,662 milliards d’euros d’adjudications en France en 2025, tous secteurs confondus, en hausse de 11,2 %.
 

Des moyennes tirées par une poignée d’acheteurs
 

Ces montants demandent des précautions. La génération Z ne représente que 9 % de l’échantillon, soit moins de 300 personnes, toutes millionnaires avant 30 ans. Le rapport précise que leur dépense médiane dépasse celle des autres d’au moins 50 %, loin du rapport de un à trois que donnent les moyennes. Près de la moitié des acheteurs d’œuvres à plus d’un million de dollars ont moins de 30 ans, mais ces acheteurs ne forment que 1 % des collectionneurs. Et 77 % des personnes interrogées ont dépensé moins de 50 000 dollars au premier semestre 2026.
 

Les habitudes d’achat changent aussi. Parmi les collectionneurs, 72 % disent mener leurs propres recherches avant un achat, contre 62 % un an plus tôt, et 22 % utilisent des outils d’intelligence artificielle, contre 4 % en 2024. Ils sont 87 % à avoir acheté par l’intermédiaire d’un marchand et 69 % directement auprès d’artistes. « Fait peut-être surprenant, les plus jeunes collectionneurs se sont révélés les plus attachés à la confidentialité, tant dans leurs échanges directs qu’en ligne », relève Clare McAndrew, fondatrice d’Arts Economics.
 

Dans les douze mois, 39 % des collectionneurs prévoient d’acheter et 23 % de vendre. Les enchères repartent, avec des ventes en hausse de 71 % au premier semestre chez Christie’s, Sotheby’s et Phillips, à environ 6,7 milliards de dollars selon Deloitte. L’art occupe pourtant moins de place dans la fortune des collectionneurs, 15 % en 2026, contre 20 % en 2025 et 24 % en 2022.
 


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